Pourquoi le retour au bureau est une priorité aujourd’hui
Le retour au bureau est devenu un enjeu stratégique majeur pour les directions RH et les dirigeants dans un contexte de transformation profonde des modes de travail.
Après la crise sanitaire, le télétravail en France est passé de 3 % à 25 % des salariés selon le rapport 2026 de l’Observatoire de l’Infobésité et de la Collaboration Numérique. Le travail hybride s’est ensuite installé durablement.
Aujourd’hui, de nombreuses entreprises cherchent à réaffirmer le présentiel pour renforcer :
- la cohésion d’équipe
- la collaboration
- la culture d’entreprise
- le partage des connaissances
- la montée en compétences
Parallèlement, elles investissent dans l’aménagement des espaces de travail et les services pour améliorer l’expérience collaborateur au bureau.
Mais malgré ces efforts, la motivation au travail en présentiel ne progresse pas toujours. Beaucoup de salariés ne perçoivent pas la valeur ajoutée du bureau par rapport au télétravail.
La question n’est pas : combien de jours retourner au bureau ? Mais plutôt : Pourquoi venir au bureau, qu’est-ce que cela m’apporte ?
Postes de travail bien équipés, mais inoccupés – M. Airut Murphy
Télétravail en France : que disent les chiffres ?
Selon la DARES (Analyses n°64, novembre 2024), le télétravail concerne encore 26 % des salariés en 2023, après un pic à 31 % en 2021 (contre 9 % en 2019).
Le modèle dominant est désormais hybride (1 à 2 jours par semaine), principalement chez les cadres. Les inégalités d’accès restent fortes selon le métier et le secteur d’activité.
Selon les dernières données de l’Insee (Économie et société à l’ère du numérique, 2025) le télétravail produit des effets contrastés :
- Il améliore la concentration et la performance individuelle : diminution des interruptions (-51 points), autonomie renforcée (-30 points), pression réduite (-27 points), meilleur équilibre vie professionnelle / vie personnelle (-15 points).
- En revanche, il fragilise certains aspects du collectif : moins de discussions informelles (+23 points en défaveur du télétravail), lien social affaibli, soutien perçu moindre.
En somme, le télétravail soutient la productivité individuelle mais peut affaiblir la dynamique collective si rien n’est fait.
Retour au bureau : une acceptation croissante… mais conditionnelle
Le baromètre 2025 de JLL et Kantar sur les préférences des salariés à l’heure du retour au bureau indique :
- 66 % des salariés sont soumis à une politique de retour au bureau
- 3,7 jours de présence demandés en moyenne
- 72 % des salariés dans le monde ont une opinion positive de ces politiques, signe d’une certaine acceptation générale, mais en France ce taux est plus bas (≈ 64 %)
Malgré cette acceptation globale, un salarié français sur deux reste insatisfait du cadre de travail proposé par son employeur.
Pourquoi cette réserve ?
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L’équilibre vie professionnelle / vie personnelle reste prioritaire
Selon International Workplace Group (2023), 67 % des salariés seraient prêts à renoncer à une partie de leur salaire pour conserver un mode de travail hybride.
La priorité n’est plus uniquement le lieu, mais la flexibilité du temps de travail et l’autonomie organisationnelle.
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La qualité des bureaux influence l’adhésion
Un environnement de travail confortable, ergonomique et adapté aux usages collaboratifs favorise l’adhésion aux politiques de retour au bureau.
À l’inverse, des espaces inadaptés nuisent à l’expérience collaborateur et à la motivation au travail.
Petit-déjeuner au bureau : suffit‑il d’un café-croissant pour motiver les collaborateurs à revenir sur site ? – M. Airut Murphy
Le défi multisite : pourquoi venir si mon équipe n’est pas là ?
L’éparpillement géographique des équipes constitue l’un des principaux freins au retour au bureau. Lorsque ses interlocuteurs clés travaillent ailleurs, la présence physique perd de sa valeur : les interactions restent virtuelles, même sur site.
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Exemple 1 : le salarié déraciné
Colleen, salariée d’une entreprise internationale, elle a déménagé de Seattle à New York alors que son équipe est restée sur son site d’origine. Même au bureau, elle collabore essentiellement à distance. Si elle apprécie le confort des équipements, elle se sent plus productive en télétravail, où elle maîtrise mieux son temps. Elle se rend au bureau donc au minimum requis, percevant davantage une contrainte qu’une réelle opportunité.
La présence physique ne suffit plus. Pour être pertinente, elle doit apporter une valeur spécifique : collaboration réelle, apprentissage, cohésion et performance collective.
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Exemple 2 : l’entreprise dispersée
Nous avons accompagné une grande marque française de distribution dans le déménagement de plus de 2 000 collaborateurs et la mise en place d’un flex office poussé.
Les équipes, réparties sur trois sites à Lille tout en conservant des implantations à Paris et dans d’autres villes européennes, ont dû repenser leur organisation hybride.
L’enjeu n’était pas uniquement immobilier : il s’agissait de redonner du sens au présentiel et de transformer le bureau en véritable levier d’engagement collaborateur, même en l’absence de ses collègues immédiats.
Venir au bureau… pour rester en visio ? M. Airut Murphy
Le vrai sujet : l’organisation du travail
Les recherches menées par l’Observatoire de l’Infobésité et de la Collaboration Numérique (OICN) sur Les impacts du travail à distance sur le collectif pondèrent les critiques du télétravail : elles montrent que le défi principal n’est pas la distance physique, mais la qualité de l’organisation du travail.
Ce n’est pas la colo-calisation qui crée le collectif, mais une « co-présence émotionnelle » fondée sur des objectifs partagés, des routines collaboratives claires et des référentiels communs.
L’étude identifie des leviers d’action précis – tels que la régulation des usages numériques ou encore la formalisation de routines collaboratives – qui permettent de renforcer le collectif aussi bien en présentiel qu’en télétravail, confirmant que l’enjeu n’est pas d’imposer le présentiel, mais de repenser l’organisation collective des activités.
Comment redonner du sens au présentiel ?
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Repenser les rituels de collaboration
Organiser des moments à forte valeur ajoutée : ateliers d’intelligence collective, séminaires d’équipe, temps inter-services, moments de convivialité.
Ces temps doivent apporter ce qu’une réunion en visio ne peut pas offrir : interaction spontanée, intelligence collective, énergie, plaisir d’être ensemble.
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Faire du bureau un lieu d’apprentissage
Présenter le bureau comme un lieu où se construisent des relations, des opportunités de mentorat et des échanges qui enrichissent les parcours. Le présentiel est un accélérateur pour la transmission, l’intégration et le développement des compétences.
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Clarifier l’intention des jours en présentiel
Les collaborateurs doivent comprendre :
- Pourquoi venir ?
- Pour faire quoi ?
- Avec qui ?
- Quelle valeur en retirer ?
Une politique de retour au bureau sans intention explicite ni organisation cohérente avec celle-ci génère frustration et désengagement.
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Aligner management et organisation hybride
Le management doit coordonner les présences, structurer les temps collectifs et éviter les journées « bureau-visio », tout en rendant possible et fluide la collaboration mixte entre personnes sur site et personnes à distance. Tout un casse-tête !
La productivité en présentiel dépend d’une organisation pensée pour l’hybride.
Repenser les rituels d’équipe pour renouer les liens – M. Airut Murphy
Notre accompagnement pour repenser le présentiel
Pour les organisations qui souhaitent repenser l’expérience au bureau de manière stratégique, notre approche peut vous aider à :
- Diagnostiquer les attentes collaborateurs,
- Cartographier les moments à forte valeur ajoutée en présentiel,
- Structurer des rituels collectifs hybrides et alignement managérial.
👉 Échangeons ensemble pour adresser ce sujet dans votre entreprise !
Conclusion : faire du bureau un facteur de sens, pas une contrainte
Le retour au bureau ne se décrète pas : il se construit.
Pour renforcer la motivation au travail, l’engagement collaborateur et la performance collective, chaque journée sur site doit avoir une intention claire et une valeur tangible.
Le futur du travail n’oppose pas télétravail et présentiel. Il repose sur un équilibre intelligent, où le bureau devient un lieu stratégique de collaboration, d’apprentissage et de création de valeur durable.




